Chez Ducatillon, nous le savons, les éleveurs, cultivateurs et même les particuliers constatent régulièrement le passage de la faune sauvage aux abords de leurs parcelles, potagers ou zones d’élevage. À ce propos, ils sont nombreux à nous interroger quant à la définition de l’ESOD et aux espèces classées ESOD sur le territoire métropolitain. Loin de donner un blanc-seing pour agir sans discernement sur la faune sauvage, cette désignation technique s’inscrit dans un encadrement réglementaire strict.
Définir les espèces classées ESOD et comprendre leur statut légal
ESOD signifie « Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts », une dénomination venue remplacer l’ancien qualificatif de « nuisibles », jugé obsolète et juridiquement imprécis. Cette catégorie cible les animaux dont la prolifération ou les habitudes de vie et de déplacement entraînent des atteintes récurrentes aux cultures, aux élevages, aux infrastructures, aux réserves fourragères ou aux équilibres biologiques locaux. Une espèce classée ESOD n’est donc que rarement dangereuse pour l’être humain.
Le classement vise en priorité les préjudices économiques, sanitaires ou matériels. La vigilance s’impose néanmoins face à un animal blessé ou malade, des petits dans leur terrier ou un spécimen sauvage habitué à vivre près des habitations.
À noter que trois régimes distincts régissent la faune de nos régions : la protection totale pour les espèces menacées, le gibier chassable durant la saison et la régulation ESOD pour limiter les dégâts. Le classement ESOD d’une espèce n’accorde donc pas de droit général de destruction sur cette dernière.
Les arrêtés ministériels et préfectoraux délimitent l’application de ce statut à certaines communes ou zones écologiques bien spécifiques. Dès lors, un animal identifié dans un verger peut être protégé dans un bois mitoyen tout en demeurant régulable sur votre parcelle.
Quelles sont les espèces classées ESOD en France ?
Voici la liste légale et exhaustive des espèces animales pouvant être classées ESOD en France, réparties selon trois groupes réglementaires.
Groupe 1 : les espèces exotiques envahissantes classées sur l’ensemble du territoire national pouvant être piégées ou tirées toute l’année :
- Bernache du Canada
- Chien viverrin
- Écureuil fauve d’Amérique
- Myocastor (Ragondin)
- Ondatra (Rat musqué)
- Ouette d’Égypte
- Raton laveur
- Vison d’Amérique
Groupe 2 : les espèces indigènes fixées par arrêté ministériel, leur classement est défini pour une période de trois ans et varie selon les départements :
Mammifères :
- Belette
- Fouine
- Martre
- Renard roux
Oiseaux :
- Corbeau freux
- Corneille noire
- Étourneau sansonnet
- Geai des chênes
- Pie bavarde
Groupe 3 : les espèces classées localement et annuellement, par arrêté préfectoral afin de protéger les cultures, les élevages ou la faune sauvage :
- Lapin de garenne
- Pigeon ramier
- Sanglier
À noter que, selon l’arrêté du 10 août 2026 pris pour l’application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, le putois ne figure plus dans le groupe 2 et ne peut donc plus être régulé sous le statut ESOD.
Aussi et bien que cette liste recense toutes les espèces légalement éligibles en France, aucun département ne les classe toutes simultanément. L’activation des espèces des groupes 2 et 3 se fait à la carte par la préfecture, uniquement si des dégâts significatifs et répétés sont démontrés localement. C’est pourquoi il est indispensable de consulter l’arrêté préfectoral de votre secteur pour connaître la liste effective sur votre territoire.
- Le statut varie selon le découpage territorial et la zone géographique
- La validité temporelle des mesures reste conditionnée aux arrêtés ministériels triennaux
- Les mammifères et les oiseaux relèvent de cadres procéduraux distincts
- Une espèce à réguler sur une parcelle agricole peut être préservée au sein d’une réserve contiguë
- La seule identification visuelle ne confère aucune autorisation d’intervention
Qui décide du classement ESOD des espèces animales et quelles règles respecter ?
Tout d’abord, le pouvoir d’inscription revient à l’autorité publique après instruction des dossiers techniques rassemblés par les directions départementales des territoires. Également, toute opération de régulation requiert l’intervention de piégeurs agréés, l’obtention d’une délégation formelle du droit de destruction ou le dépôt préalable d’une déclaration individuelle.
À noter également qu’il convient avant tout de protéger les poulaillers des renards, martres et fouines notamment, avant de procéder à un acte de régulation.
Dans ce contexte, les équipes Ducatillon vous incitent à toujours vérifier la validité des textes auprès de votre mairie, de la fédération départementale des chasseurs ou des agents de l’Office français de la biodiversité.
Les réponses pratiques de Ducatillon face aux dégâts causés par la faune sauvage
Ducatillon accompagne quotidiennement les éleveurs amateurs confrontés aux animaux opportunistes. Pour bien agir, commencez par inspecter méthodique vos clôtures, grillages enterrés et abords d’enclos afin d’en savoir plus à propos de l’intrus.
Installez aussi une caméra de chasse à vision nocturne et tenez un journal des passages (heure d’intrusion, points de franchissement et pertes subies).
Pensez ensuite à compliquer la vie du prédateur en renforçant les grillages, en installant des portes automatiques et en utilisant des mangeoires anti-nuisibles.
Ducatillon vous rappelle aussi que la présence d’un animal sauvage sur une propriété privée ne dispense pas du respect des arrêtés en vigueur. En cas d’hésitation sur l’espèce observée, solliciter les conseils avisés des référents locaux lesquels vous aideront à mettre en place des solutions défensives proportionnées, pérennes et parfaitement conformes au droit environnemental.


