Le terme « nuisible » reste très utilisé dans le langage courant, mais la réglementation française parle désormais d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, ou ESOD.
En 2026, il n’existe pas une seule liste de « nuisibles » applicable de manière identique partout en France. Le classement dépend de l’espèce, du groupe auquel elle appartient et, pour certaines espèces, du département ou même de communes déterminées.
Le nouvel arrêté ministériel du 10 août 2026 fixe notamment le classement des espèces indigènes concernées pour la période 2026-2029.
Que signifie ESOD ?
ESOD signifie « espèce susceptible d’occasionner des dégâts ».
Une espèce peut être classée ESOD lorsqu’une régulation est justifiée notamment pour protéger la santé ou la sécurité publique, préserver la faune et la flore ou prévenir des dommages importants aux activités agricoles, forestières ou aquacoles.
Le classement ESOD ne signifie donc pas qu’une espèce est considérée comme « mauvaise » ou qu’elle peut être détruite librement. Il crée au contraire un cadre réglementaire précis, avec des espèces, territoires, périodes et moyens de régulation déterminés.
Quelle est la liste des nuisibles ou ESOD en France en 2026 ?
Au sens large, 18 espèces peuvent entrer dans le dispositif ESOD, réparties en trois groupes.
| Groupe | Espèce concernée | Classement |
|---|---|---|
| Groupe 1 | Chien viverrin | France métropolitaine |
| Groupe 1 | Vison d’Amérique | France métropolitaine |
| Groupe 1 | Raton laveur | France métropolitaine |
| Groupe 1 | Ragondin | France métropolitaine |
| Groupe 1 | Rat musqué | France métropolitaine |
| Groupe 1 | Bernache du Canada | France métropolitaine |
| Groupe 2 | Belette | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 2 | Fouine | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 2 | Martre des pins | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 2 | Renard roux | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 2 | Corbeau freux | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 2 | Corneille noire | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 2 | Pie bavarde | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 2 | Geai des chênes | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 2 | Étourneau sansonnet | Selon les départements ou territoires |
| Groupe 3 | Lapin de garenne | Selon arrêté préfectoral annuel |
| Groupe 3 | Pigeon ramier | Selon arrêté préfectoral annuel |
| Groupe 3 | Sanglier | Selon arrêté préfectoral annuel |
Attention : ces 18 espèces ne sont pas toutes classées ESOD partout en France. Le statut doit être vérifié selon l’espèce et le territoire concerné.

Quelles sont les espèces ESOD du groupe 1 ?
Le groupe 1 concerne des espèces non indigènes faisant l’objet d’un classement national.
Il comprend :
- le chien viverrin ;
- le vison d’Amérique ;
- le raton laveur ;
- le ragondin ;
- le rat musqué ;
- la bernache du Canada.
Les modalités de régulation diffèrent selon les espèces. Le ragondin et le rat musqué peuvent notamment faire l’objet de piégeage toute l’année dans le cadre réglementaire applicable.
Il faut néanmoins toujours vérifier les règles relatives au procédé employé et au lieu de piégeage avant toute intervention.
Quelles sont les espèces ESOD du groupe 2 en 2026 ?
Le groupe 2 rassemble des espèces indigènes dont le classement est déterminé département par département.
Pour la période 2026-2029, les espèces susceptibles d’être concernées sont :
- la belette ;
- la fouine ;
- la martre des pins ;
- le renard roux ;
- le corbeau freux ;
- la corneille noire ;
- la pie bavarde ;
- le geai des chênes ;
- l’étourneau sansonnet.
Le nouvel arrêté du 10 août 2026, publié au Journal officiel le 21 août 2026, précise pour chaque département quelles espèces sont classées et sur quels territoires.
Une espèce peut donc être ESOD dans un département et ne pas l’être dans le département voisin. À l’intérieur d’un même département, le classement peut également être limité à certaines communes ou zones.
Le renard est-il un nuisible en 2026 ?
Le renard fait partie des espèces susceptibles d’être classées ESOD du groupe 2, mais il n’est pas automatiquement classé de cette manière partout en France.
L’arrêté 2026-2029 définit les départements et les éventuelles restrictions territoriales concernés.
Lorsque le renard est classé ESOD, ses modalités de régulation restent strictement encadrées. Le piégeage, la destruction à tir ou le déterrage ne peuvent être pratiqués que dans les conditions prévues par la réglementation.
Avant de poser une cage ou un autre dispositif destiné au renard, consultez donc l’arrêté applicable dans votre département.
La fouine et la martre peuvent-elles être piégées toute l’année ?
Lorsqu’elles sont effectivement classées ESOD dans le territoire concerné, la belette, la fouine et la martre peuvent faire l’objet d’un piégeage dans les périodes et conditions prévues par la réglementation.
Les lieux de piégeage peuvent également être encadrés, notamment à proximité de certains bâtiments, élevages ou territoires de gestion du petit gibier.
Pour ces espèces, il est particulièrement important de ne pas se contenter d’une règle générale trouvée sur Internet : le classement et certaines restrictions peuvent dépendre du département.
Les pies, corneilles et corbeaux sont-ils des nuisibles ?
La pie bavarde, la corneille noire et le corbeau freux figurent parmi les espèces du groupe 2 susceptibles d’être classées ESOD.
Elles ne le sont cependant pas dans tous les départements.
Lorsqu’elles sont classées, leur régulation peut être autorisée suivant des modalités précises concernant les périodes, le territoire et les techniques utilisées.
Avant d’utiliser un piège à pies, corbeaux ou pigeons, il convient donc de vérifier le classement applicable localement.
L’achat d’un équipement ne dispense jamais de respecter les conditions réglementaires de son utilisation.
Le lapin de garenne est-il classé nuisible en 2026 ?
Le lapin de garenne appartient au groupe 3.
Son classement peut être décidé annuellement par le préfet en fonction des particularités locales et des dégâts constatés.
Lorsqu’il est classé ESOD, sa régulation peut être autorisée dans les conditions prévues par la réglementation.
Avant d’utiliser un piège à lapin, vérifiez donc l’arrêté préfectoral applicable au département et au territoire concernés.
Le sanglier et le pigeon ramier sont-ils aussi des ESOD ?
Oui, ils font partie, avec le lapin de garenne, des espèces du groupe 3 susceptibles d’être classées localement.
Leur classement est décidé par le préfet et peut évoluer d’une année à l’autre.
Les modalités autorisées sont par ailleurs très différentes suivant l’espèce. Le fait qu’une espèce soit classée ESOD ne signifie donc jamais que toutes les méthodes de capture ou de destruction deviennent automatiquement autorisées.
Les rats et les souris sont-ils des ESOD ?
Non. Le rat brun, le rat noir et la souris domestique ne figurent pas dans les trois listes ESOD définies par l’article R. 427-6 du Code de l’environnement.
Ils peuvent pourtant provoquer des dégâts importants dans les maisons, bâtiments agricoles, granges, poulaillers et zones de stockage.
C’est pourquoi ils sont couramment qualifiés de « nuisibles » ou de rongeurs indésirables, mais ce vocabulaire ne doit pas être confondu avec le classement juridique ESOD.
Pour leur contrôle, différentes solutions peuvent être utilisées selon le contexte : ratières, tapettes, nasses, pièges mécaniques, postes d’appâtage ou autres équipements adaptés.
La taupe est-elle une espèce ESOD ?
Non. La taupe n’est pas une ESOD au sens du classement prévu par l’article R. 427-6 du Code de l’environnement.
Elle peut néanmoins occasionner des dégâts dans les pelouses, potagers, terrains sportifs ou espaces verts en développant son réseau de galeries et en produisant des taupinières.
La lutte contre les taupes relève donc d’un cadre différent de celui du piégeage des ESOD.
Selon la situation, il est possible d’utiliser des pièges à taupes ou des produits répulsifs adaptés.
Peut-on piéger librement une espèce classée ESOD ?
Non.
Le classement ESOD ne constitue pas une autorisation générale permettant à n’importe qui d’utiliser n’importe quel piège, n’importe où et à n’importe quelle période.
Plusieurs éléments doivent être vérifiés :
- l’espèce est-elle réellement classée ESOD dans le département ?
- le classement concerne-t-il tout le département, certaines communes ou seulement certains territoires ?
- le piégeage est-il autorisé pour cette espèce ?
- à quelle période ?
- quel type de piège peut être utilisé ?
- faut-il être piégeur agréé ?
- une déclaration préalable est-elle nécessaire ?
Les arrêtés nationaux doivent donc être complétés par la consultation des règles départementales.
Faut-il être piégeur agréé pour poser un piège ?
Dans le cadre réglementé du piégeage des ESOD, l’agrément du piégeur constitue la règle générale.

Il est délivré par le préfet après une formation réglementaire portant notamment sur l’identification des espèces, les différents types de pièges, leur manipulation, les règles applicables et les moyens permettant de limiter les captures non ciblées.
Cet agrément est ensuite valable sur l’ensemble du territoire national.
Il existe cependant des exceptions dans certaines situations, notamment pour certaines opérations réalisées dans des bâtiments, cours, jardins ou installations d’élevage, ainsi que pour certaines captures de ragondins et de rats musqués en cages.
Il est donc indispensable de vérifier la situation précise avant toute opération.
Quels types de pièges sont autorisés pour les ESOD ?
La réglementation française distingue plusieurs catégories de pièges, notamment :
- les boîtes à fauves et pièges-cages, qui maintiennent l’animal dans un espace clos ;
- certains pièges à déclenchement destinés à agir rapidement lors de la capture ;
- les collets munis d’un arrêtoir ;
- certains pièges à lacet.
Certains pièges doivent répondre à des règles d’homologation et leur utilisation peut être limitée selon l’espèce et le territoire.
La réglementation interdit par ailleurs les procédés de mise à mort par noyade.
Le choix doit donc toujours être effectué en fonction de l’espèce ciblée, du lieu d’utilisation et du cadre réglementaire applicable.
Ducatillon propose notamment des pièges-cages et boîtes à fauves ainsi que des pièges mécaniques.
Une déclaration est-elle nécessaire avant de poser des pièges ?
Dans le cadre général du piégeage réglementé, les opérations peuvent être soumises à une déclaration en mairie de la commune concernée.
La réglementation prévoit néanmoins des exceptions, notamment dans certains bâtiments, cours, jardins, installations d’élevage ou enclos attenants à une habitation.
Les obligations administratives ne sont donc pas identiques dans toutes les situations.
Pour une opération de régulation en milieu naturel ou agricole, vérifiez systématiquement les règles auprès de la préfecture ou de la fédération départementale des chasseurs.
Faut-il contrôler régulièrement les pièges ?
Oui. La réglementation impose une surveillance régulière des pièges utilisés dans le cadre du piégeage des ESOD.
Les délais et horaires de visite dépendent notamment de la catégorie de piège utilisée.
Cette surveillance permet de limiter le temps de captivité des animaux et de réagir rapidement en cas de prise accidentelle.
Que faire si une autre espèce est capturée accidentellement ?
Un animal capturé accidentellement qui n’appartient pas à une espèce pouvant légalement être retenue doit être relâché immédiatement dans les conditions prévues par la réglementation.
L’identification correcte des espèces constitue donc une compétence essentielle pour pratiquer le piégeage.
Cette règle explique également pourquoi le choix et le positionnement d’un piège doivent chercher à limiter autant que possible les captures non ciblées.
Comment savoir quelles espèces sont ESOD dans mon département en 2026 ?
Il faut consulter en priorité :
- l’arrêté ministériel du 10 août 2026 pour les espèces du groupe 2 ;
- les arrêtés préfectoraux annuels concernant les espèces du groupe 3 ;
- le site de la préfecture de votre département ;
- la fédération départementale des chasseurs.
Ne vous fiez pas uniquement à une ancienne liste ou à une information provenant d’un autre département.
Le classement 2026-2029 du groupe 2 étant récent, les anciennes listes établies à partir de l’arrêté de 2023 ne doivent plus être utilisées comme référence actuelle.
Quelle différence entre piège, cage et répulsif ?
Le choix dépend d’abord du résultat recherché.
Une cage-piège permet de capturer un animal vivant. Elle peut notamment être utilisée pour certaines espèces lorsque la réglementation l’autorise.
Un piège mécanique agit directement lors du passage de l’animal ou de la prise d’un appât. Son utilisation peut être soumise à des règles spécifiques selon le modèle et l’espèce ciblée.
Un répulsif ne vise pas à capturer l’animal mais à rendre une zone moins attractive. Il peut constituer une solution intéressante lorsque l’objectif consiste surtout à protéger une culture, un jardin, une habitation ou certaines installations.
Dans tous les cas, commencez par identifier précisément l’espèce responsable des dégâts avant de choisir une solution.
Comment choisir une solution contre les animaux indésirables ?
Une stratégie efficace commence par le diagnostic :
- identifier précisément l’espèce ;
- localiser les passages, galeries ou points d’entrée ;
- déterminer ce qui attire l’animal : nourriture, eau, abri ou accès à un élevage ;
- vérifier son éventuel statut réglementaire ;
- choisir ensuite une solution compatible avec l’environnement et la réglementation.
Pour un poulailler ou un bâtiment agricole, supprimer l’accès aux aliments peut être aussi important que le piégeage. Pour une culture, un dispositif d’effarouchement ou un répulsif peut être préférable à une capture. Pour les taupes, le repérage des galeries actives conditionne largement l’efficacité d’un piège.
Ducatillon propose différentes solutions adaptées aux principaux problèmes rencontrés : pièges à taupes, pièges pour rats et souris, cages et boîtes à fauves, pièges mécaniques, pièges à pies, corbeaux et pigeons, pièges à lapins et produits répulsifs.
À retenir sur la liste des nuisibles en 2026
Le mot « nuisible » recouvre deux réalités différentes.
Dans le langage courant, il désigne de nombreux animaux susceptibles de provoquer des dégâts : rats, souris, taupes, pigeons ou autres animaux indésirables.
Dans la réglementation de la chasse et du piégeage, il faut parler d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ou ESOD. Leur statut dépend du groupe, de l’espèce et parfois du département ou de la commune.
Avant toute opération de piégeage d’une espèce sauvage, vérifiez donc toujours le statut local de l’espèce, les périodes autorisées, le type de piège utilisable et les éventuelles obligations d’agrément ou de déclaration.
Important : les informations de cette FAQ présentent les principes généraux applicables en 2026. Les règles de classement et de régulation pouvant varier selon les départements et les communes, consultez toujours les arrêtés en vigueur dans votre territoire avant toute opération de piégeage ou de régulation.
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