En France, le terme réglementaire utilisé aujourd'hui n'est plus « nuisibles », mais espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, généralement désignées par le sigle ESOD.
Ces espèces sont réparties en trois groupes. Certaines sont classées sur l'ensemble du territoire métropolitain, tandis que d'autres ne sont concernées que dans certains départements, certaines communes ou pendant certaines périodes.
Il est donc essentiel de distinguer la liste des espèces pouvant être classées ESOD de leur classement effectif dans votre département.
Mise à jour réglementaire – août 2026
Le nouvel arrêté ministériel du 10 août 2026 concernant les ESOD du groupe 2 a été publié au Journal officiel le 21 août 2026 et est entré en vigueur le 22 août 2026. Il remplace le précédent dispositif 2023-2026.
En bref : quelles sont les espèces ESOD en 2026 ?
La réglementation distingue trois groupes d'ESOD.
- Groupe 1 : 6 espèces non indigènes classées au niveau national.
- Groupe 2 : 9 espèces indigènes susceptibles d'être classées selon les départements et parfois les territoires concernés.
- Groupe 3 : 3 espèces pouvant être classées annuellement par arrêté préfectoral.
À retenir : voir une espèce dans une liste nationale ne signifie pas automatiquement que vous pouvez la piéger ou la détruire chez vous. Il faut vérifier son classement dans votre département ainsi que les périodes, méthodes et conditions autorisées.
Dans ce guide
- 1. Que signifie ESOD ?
- 2. Quels sont les trois groupes d'ESOD ?
- 3. Quelles espèces appartiennent au groupe 1 ?
- 4. Quelles espèces appartiennent au groupe 2 en 2026 ?
- 5. Quelles espèces appartiennent au groupe 3 ?
- 6. Tableau récapitulatif des ESOD
- 7. Comment connaître la liste dans son département ?
- 8. ESOD signifie-t-il que l'on peut réguler librement l'espèce ?
- 9. Quelles règles respecter pour le piégeage ?
- 10. Une espèce protégée peut-elle être ESOD ?
- 11. Que faire lorsqu'un animal occasionne des dégâts ?
1. Que signifie ESOD ?
ESOD signifie « espèce susceptible d'occasionner des dégâts ».
Cette appellation a remplacé dans la réglementation l'ancien terme de « nuisible ». Parler de « nuisibles » reste courant dans le langage quotidien, mais le classement réglementaire porte désormais sur les ESOD.
Une espèce peut être classée ESOD lorsqu'au moins l'un des motifs prévus par le Code de l'environnement est rempli.
Les principaux motifs de classement
- L'intérêt de la santé et de la sécurité publiques.
- La protection de la flore et de la faune.
- La prévention de dommages importants aux activités agricoles, forestières ou aquacoles.
- La prévention de dommages importants à certaines autres formes de propriété, sous les conditions prévues par la réglementation.
Important : le classement ESOD est un statut réglementaire. Il ne signifie pas qu'une espèce est biologiquement « mauvaise » ou indésirable partout en France.
2. Quels sont les trois groupes d'ESOD ?
La réglementation française distingue trois systèmes de classement.
| Groupe | Type d'espèces | Niveau de classement |
|---|---|---|
| Groupe 1 | Espèces non indigènes | Classement national |
| Groupe 2 | Espèces indigènes | Classement défini par l'arrêté ministériel selon les départements et territoires |
| Groupe 3 | Lapin de garenne, pigeon ramier et sanglier | Classement annuel possible par arrêté préfectoral |
3. Quelles espèces appartiennent au groupe 1 ?
Le groupe 1 concerne des espèces non indigènes classées ESOD sur l'ensemble du territoire métropolitain par la réglementation nationale.
Six espèces sont concernées :
- Chien viverrin
- Vison d'Amérique
- Raton laveur
- Ragondin
- Rat musqué
- Bernache du Canada
Le ragondin et le rat musqué sont notamment concernés dans de nombreux territoires en raison de leur présence dans les zones humides, fossés, étangs et cours d'eau.
Attention : même lorsqu'une espèce est classée au niveau national, les modalités concrètes de régulation restent encadrées. La méthode utilisée, le statut de l'intervenant et les conditions locales doivent être vérifiés avant toute intervention.
4. Quelles espèces appartiennent au groupe 2 en 2026 ?
Le groupe 2 concerne neuf espèces indigènes pouvant être classées ESOD dans les territoires définis par l'arrêté ministériel.
Depuis le nouvel arrêté du 10 août 2026, les neuf espèces concernées sont :
- Belette
- Fouine
- Martre
- Renard
- Corbeau freux
- Corneille noire
- Pie bavarde
- Geai des chênes
- Étourneau sansonnet
Cela ne signifie cependant pas que ces neuf espèces sont classées ESOD partout en France.
L'annexe de l'arrêté précise département par département les espèces concernées. Pour certaines espèces, le classement peut également être limité à certaines communes ou zones.
Exemple : une pie bavarde peut être classée ESOD dans un département ou seulement dans certaines communes, alors qu'elle ne bénéficie pas du même classement dans un autre département.
Pourquoi la liste varie-t-elle selon les départements ?
Le classement du groupe 2 repose sur les situations locales : présence de l'espèce, dommages constatés, enjeux agricoles, protection de certaines activités ou de la faune.
Il est donc impossible de répondre correctement à la question « Puis-je piéger cette espèce ? » en se fondant uniquement sur une liste nationale.
5. Quelles espèces appartiennent au groupe 3 ?
Le groupe 3 comprend trois espèces susceptibles d'être classées ESOD par arrêté préfectoral annuel :
- Lapin de garenne
- Pigeon ramier
- Sanglier
Leur situation peut donc varier d'un département à l'autre et d'une campagne à l'autre.
Les arrêtés départementaux précisent les territoires concernés ainsi que les périodes et modalités applicables.
Bon réflexe : pour le groupe 3, vérifiez chaque année l'arrêté applicable à votre département. Un classement valable pour la campagne précédente ne doit pas être considéré comme automatiquement reconduit.
6. Tableau récapitulatif des espèces pouvant être classées ESOD
| Groupe | Espèces | Classement |
|---|---|---|
| 1 | Chien viverrin, vison d'Amérique, raton laveur, ragondin, rat musqué, bernache du Canada | National |
| 2 | Belette, fouine, martre, renard, corbeau freux, corneille noire, pie bavarde, geai des chênes, étourneau sansonnet | Selon le département et, dans certains cas, le territoire concerné |
| 3 | Lapin de garenne, pigeon ramier, sanglier | Arrêté préfectoral annuel |
7. Comment savoir quelles espèces sont ESOD dans mon département ?
Pour les groupes 2 et 3, la localisation est déterminante.

Avant toute intervention, consultez les informations officielles correspondant à votre département.
Les sources à vérifier
- Le site de la préfecture de votre département.
- La DDT ou DDTM compétente.
- La réglementation nationale en vigueur.
- Les arrêtés préfectoraux applicables à la campagne en cours.
- Les informations de la Fédération départementale des chasseurs.
Les arrêtés peuvent préciser non seulement les espèces concernées, mais aussi les communes, périodes, méthodes autorisées et éventuelles restrictions locales.
Conseil Ducatillon : ne vous contentez jamais d'une ancienne liste téléchargée ou d'un article non daté. Pour une intervention en 2026, vérifiez que le texte consulté correspond bien à la réglementation actuellement en vigueur.
8. Une espèce classée ESOD peut-elle être régulée librement ?
Non.
Le classement ESOD ne constitue pas une autorisation générale permettant à chacun de capturer ou de détruire librement l'animal concerné.
La réglementation peut encadrer :
- les personnes autorisées à intervenir ;
- la période d'intervention ;
- les méthodes utilisables ;
- les territoires concernés ;
- les formalités préalables ;
- les conditions de pose et de contrôle des pièges ;
- les restrictions liées à la présence d'espèces protégées.
Les règles peuvent également être différentes entre le piégeage, la destruction à tir et les autres modes réglementairement autorisés.
9. Quelles règles respecter avant d'utiliser un piège ?
Le piégeage est une activité réglementée. Les obligations varient notamment selon la catégorie de piège utilisée, l'espèce recherchée et le lieu de pose.
Certains dispositifs nécessitent l'utilisation d'un modèle homologué et certaines pratiques sont réservées aux personnes répondant aux conditions prévues par la réglementation.

Avant de poser un piège, vérifiez :
- que l'espèce visée est effectivement concernée par le classement applicable localement ;
- que la période d'intervention est autorisée ;
- que le type de piège est autorisé pour cet usage ;
- les éventuelles obligations d'agrément, de déclaration ou de marquage ;
- les règles de visite et de contrôle des pièges ;
- les restrictions locales liées notamment aux cours d'eau et aux espèces protégées.
Pour choisir votre matériel, vous pouvez consulter les pièges mécaniques et les pièges cages et boîtes à fauves.
Important : le fait qu'un piège soit commercialisé ou homologué ne signifie pas qu'il peut être utilisé pour n'importe quelle espèce, n'importe où et à n'importe quelle période.
10. Une espèce protégée peut-elle être classée ESOD ?
Une espèce bénéficiant du régime de protection prévu par le Code de l'environnement ne doit pas être assimilée à une ESOD simplement parce qu'elle occasionne localement des dégâts.
Dans certaines situations particulières, des dispositifs de dérogation peuvent exister pour des espèces protégées, mais ils relèvent d'un autre cadre réglementaire.
Il est donc essentiel de bien identifier l'animal avant toute intervention.
En cas de doute : ne capturez pas l'animal. Contactez la DDT(M), l'OFB ou un interlocuteur compétent afin de vérifier l'identification de l'espèce et la réglementation applicable.
11. Que faire lorsqu'un animal occasionne des dégâts chez soi ?
La première étape consiste à identifier précisément l'espèce et la nature du problème.
Une fouine dans un bâtiment, un ragondin au bord d'un étang, des corvidés dans une culture ou un renard autour d'un élevage ne relèvent pas nécessairement des mêmes règles ni des mêmes solutions.
Procédez dans cet ordre
- Identifiez correctement l'espèce.
- Recherchez l'origine et l'ampleur des dégâts.
- Vérifiez son éventuel classement ESOD dans votre département.
- Consultez les périodes et modalités applicables.
- Privilégiez lorsque cela est pertinent les mesures préventives.
- N'utilisez un dispositif de capture que dans le respect des règles applicables.
Dans certaines situations, une solution de prévention peut suffire : sécurisation d'un poulailler, protection des aliments, fermeture des accès aux bâtiments ou utilisation d'un produit ou dispositif répulsif adapté.
Notre conseil avant toute intervention
La règle essentielle : identifiez d'abord l'espèce, puis vérifiez son classement et la réglementation applicable dans votre département et à la date de l'intervention. Choisissez seulement ensuite la solution de prévention, de capture ou de régulation adaptée.
La réglementation ESOD évolue régulièrement. Les arrêtés départementaux peuvent également introduire des différences importantes entre deux territoires voisins.
Une liste nationale constitue donc un point de départ, mais jamais à elle seule une autorisation d'intervenir.
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