Une chaussure de sécurité conforme à EN ISO 20345 n'est pas automatiquement une chaussure de protection contre les coupures de scie à chaîne. Pour les travaux exposant l'utilisateur à ce risque spécifique, il faut vérifier que le modèle possède également une certification adaptée, notamment selon la norme EN ISO 17249.
Quelle différence entre EN ISO 20345 et EN ISO 17249 ?
| Norme | Rôle principal | Ce qu'elle ne permet pas de supposer |
|---|---|---|
| EN ISO 20345 | Chaussures de sécurité d'usage général : exigences fondamentales et caractéristiques additionnelles selon la classification du modèle. | Elle ne signifie pas à elle seule que la chaussure protège contre une coupure provoquée par une scie à chaîne. |
| EN ISO 17249 | Exigences spécifiques applicables aux chaussures de sécurité résistantes aux coupures de scie à chaîne. | Elle ne dispense pas de vérifier la classe exacte, les autres certifications et l'adéquation de l'équipement avec le travail réalisé. |
La norme ISO 20345 couvre notamment les risques mécaniques, la résistance au glissement, certains risques thermiques et des exigences ergonomiques. L'ISO précise cependant que les risques particuliers, notamment les coupures de scie à chaîne, sont couverts par des normes complémentaires.
Une chaussure S3 est-elle anti-coupure tronçonneuse ?
Non, pas nécessairement. Une classification S3 renseigne sur les caractéristiques de sécurité couvertes par la norme applicable au modèle, mais elle ne constitue pas une certification de résistance aux coupures de scie à chaîne.
Il faut donc éviter le raisonnement :
S3 = chaussure robuste = chaussure anti-coupure.
Cette équivalence est incorrecte. Pour revendiquer une protection contre une scie à chaîne, le fabricant doit déclarer la norme spécifique correspondante sur le modèle.
Une chaussure peut en revanche être à la fois S3 et certifiée EN ISO 17249. Les deux indications répondent alors à des risques différents et se complètent.
Comment reconnaître une chaussure forestière adaptée à l'utilisation d'une scie à chaîne ?
Il faut vérifier les informations fournies par le fabricant, la notice et le marquage du produit. La fiche doit notamment permettre d'identifier :
- la présence explicite de la norme EN ISO 17249 ;
- la classe de protection annoncée par le fabricant ;
- la norme de chaussure de sécurité complémentaire lorsqu'elle s'applique ;
- les autres caractéristiques certifiées du modèle : protection des orteils, résistance à la perforation, comportement à l'eau ou autres exigences selon la chaussure.
Il ne faut pas déduire une certification à partir de l'aspect d'une chaussure, de son épaisseur, de sa hauteur de tige ou de la présence d'un matériau présenté comme résistant.
Que signifie « classe 1 – 20 m/s » sur une chaussure forestière ?
La classe indiquée avec la norme EN ISO 17249 correspond au niveau déclaré pour les essais de résistance à la coupure de scie à chaîne.
Par exemple, Francital certifie ses chaussures forestières Salix en EN ISO 17249 classe 1, avec une vitesse de chaîne indiquée de 20 m/s. Le fabricant les déclare également selon EN ISO 20345 avec une classification S3 pour la certification concernée.
Exemple : les chaussures forestières Francital Salix
Les Francital Salix illustrent bien la complémentarité entre les deux normes. Francital les présente comme des chaussures destinées aux utilisateurs de scies à chaîne et indique :
- EN ISO 17249 classe 1 – 20 m/s pour la protection spécifique vis-à-vis de la scie à chaîne ;
- une classification S3 selon la certification EN ISO 20345 indiquée par le fabricant ;
- un embout de protection en acier ;
- une semelle anti-perforation ;
- une protection scie à chaîne constituée de fibres haute ténacité.
Peut-on utiliser une chaussure de sécurité classique pour tronçonner ?
Une chaussure de sécurité classique peut protéger contre certains risques professionnels couverts par sa certification, mais il ne faut pas lui attribuer une résistance aux coupures de scie à chaîne si cette propriété n'est pas explicitement certifiée.
Lorsque l'évaluation des risques impose une protection spécifique liée à l'utilisation d'une scie à chaîne, recherchez donc une chaussure pour laquelle le fabricant déclare clairement la conformité correspondante.
C'est également la raison pour laquelle une chaussure forestière certifiée peut être construite différemment d'une chaussure de chantier classique : elle intègre des éléments de protection spécifiquement prévus pour le risque concerné.
Et les guêtres anti-coupure ?
Certaines protections complémentaires existent sous forme de guêtres. Là encore, il faut vérifier leur certification et leurs conditions d'utilisation.
Francital propose par exemple des guêtres de protection contre les risques de coupure de scie à chaîne qui doivent être utilisées avec des chaussures de sécurité répondant aux exigences indiquées par le fabricant. Une guêtre ne doit donc pas être assimilée automatiquement à une chaussure certifiée EN ISO 17249.
Quels autres EPI prévoir pour travailler à la tronçonneuse ?
La chaussure n'est qu'un élément de l'équipement. Selon l'activité et l'évaluation des risques, d'autres EPI peuvent être nécessaires, notamment des protections des jambes, du haut du corps, des mains, de la tête, des yeux ou de l'ouïe.
Pour comprendre les protections spécifiques des vêtements, consultez notre FAQ consacrée aux vêtements anti-coupure pour utilisateurs de tronçonneuse.
Vous pouvez également découvrir les chaussures de sécurité proposées par Ducatillon et la gamme Francital d'EPI et d'équipements forestiers.
La norme EN ISO 17249 évolue-t-elle ?
L'édition ISO 17249:2013 reste actuellement publiée. L'ISO indique toutefois qu'une nouvelle édition est en cours de finalisation et doit la remplacer.
Cette évolution renforce l'intérêt de vérifier, pour chaque achat, la norme et l'édition effectivement déclarées sur le modèle plutôt que de se fier à une formulation générique comme « chaussure forestière » ou « chaussure anti-coupure ».
Sources officielles
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