Les normes des chaussures indiquent les protections réellement évaluées : chocs, perforation, eau, glissement ou coupures. Pour choisir, il faut lire ensemble la norme, sa version, la classe et les marquages complémentaires. Une chaussure de travail n’offre pas nécessairement un embout de sécurité.
Le repère essentiel : les classes S relèvent des chaussures de sécurité EN ISO 20345 ; les classes O des chaussures professionnelles EN ISO 20347. La protection contre une scie à chaîne nécessite une certification EN ISO 17249 distincte. Aucun classement ne couvre tous les risques.
Herock Leno : un exemple de chaussure de sécurité S1P.
Solidur Omega : une classe S7S, avec résistance à l’eau WR.1. Quelle différence entre EN ISO 20345, EN ISO 20347 et EN ISO 17249 ?
EN ISO 20345 concerne les chaussures de sécurité avec un embout testé à 200 joules pour les chocs et à 15 kilonewtons pour la compression. Ces valeurs correspondent à des essais normalisés, pas à une protection illimitée.
EN ISO 20347 concerne les chaussures professionnelles sans exigence d’embout de sécurité à 200 joules. Les modèles concernés dans notre sélection ne remplacent donc pas une chaussure de sécurité lorsque les orteils doivent être protégés.
EN ISO 17249 traite spécifiquement des coupures de scie à chaîne. Une chaussure peut réunir cette protection et celles d’EN ISO 20345. La hauteur de tige ne démontre pas ces certifications.
2. Que signifient les classes SB, S1, S1P et S2 ?
SB correspond aux exigences de base, dont l’embout de sécurité. S1 ajoute notamment un arrière fermé, des propriétés antistatiques et une absorption d’énergie au talon. S1P apporte également une résistance à la perforation. S2 ajoute à S1 une résistance de la tige à la pénétration et à l’absorption d’eau, mais n’impose pas de protection antiperforation.
Les Herock Leno et Safety Jogger Gobi illustrent les modèles S1P de la sélection. Ce classement correspond aux environnements plutôt secs présentant un risque de perforation. Il ne démontre pas une étanchéité de l’ensemble de la chaussure. Ces classes expliquent les différences, sans présumer de leur présence dans chaque gamme.
3. Quelle différence entre S3, S3L et S3S, et entre P, PL et PS ?
Les familles S3 associent notamment les protections de S2, une semelle à crampons et une résistance à la perforation. Dans EN ISO 20345:2022, S3 utilise un insert métallique P, S3L un insert non métallique PL et S3S un insert non métallique PS.
P et PL sont évalués avec une pointe de 4,5 mm ; PS avec une pointe de 3 mm. Ce dernier essai porte donc sur une pointe plus fine, sans rendre la semelle invulnérable.
Attention à l’édition : un ancien S3 selon EN ISO 20345:2011 peut comporter un insert textile. La distinction P/PL/PS ne décrit pas le matériau de l’embout. Un embout composite ne signifie pas automatiquement « chaussure sans métal ».
4. Que signifient S4, S5, S5L et S5S pour les bottes ?
Les classes S4 et S5 concernent des chaussures entièrement en caoutchouc ou en polymère, notamment les bottes moulées. S4 comprend l’embout de sécurité, les propriétés antistatiques et l’absorption d’énergie au talon. S5 ajoute une résistance à la perforation et une semelle à crampons.
Dans l’édition 2022, S5, S5L et S5S distinguent respectivement les inserts P, PL et PS. Les Dunlop Work-It, TerraPro noires et Safety Jogger Hercules sont des exemples S5 de notre sélection.
Consultez les bottes et bottines de sécurité en comparant leur marquage complet. Une botte S5 n’est pas supérieure à une chaussure S3S pour tous les usages : construction, protections supplémentaires et conditions de travail restent déterminantes.
5. S7 et S7S sont-elles différentes des chaussures S3 et S3S ?
Oui : S7 ajoute à S3 une résistance à l’eau de la chaussure entière, dite WR. S7L et S7S suivent la même logique à partir de S3L et S3S. S6 correspond à S2 complété par WR, sans exigence antiperforation.
Le marquage WPA, anciennement WRU, concerne seulement la pénétration et l’absorption d’eau de la tige. S3 ou S3S seul ne démontre donc pas la performance WR. Inversement, un ancien modèle S3 WR dispose bien d’une évaluation de la chaussure entière.
Chez Ducatillon, l’Airpower XR 810 GTX illustre S7 ; les Solidur Omega, Colorado et Appaloosa illustrent S7S. L’eau peut néanmoins entrer par le haut : ces classes ne promettent pas une immersion sans limite.
6. Pourquoi trouve-t-on aussi des chaussures OB, O4 et O6 ?
Ces classes relèvent d’EN ISO 20347. La première lettre est un O, et non le chiffre zéro. OB désigne les exigences de base des chaussures professionnelles ; les protections supplémentaires se lisent séparément. Les Safety Jogger Dune et Tactic sont notamment présentées avec ce classement.
O4 concerne les chaussures entièrement en caoutchouc ou polymère, avec propriétés antistatiques et absorption d’énergie au talon. Les Dunlop TerraPro vertes en sont un exemple. O6 correspond à O2 complété par WR : c’est le classement des Mamba O6 High.
Ces modèles n’ont pas l’embout de sécurité des classes S. Ni O4 ni O6 n’impose une protection antiperforation. Le mot « travail » ne suffit donc pas à choisir une protection mécanique.
| Classe | Ce qu’elle indique | Exemples de modèles |
|---|---|---|
| S1P | Embout de sécurité et résistance à la perforation ; pas d’exigence de résistance à l’eau de la tige. | Herock Leno ; Safety Jogger Gobi |
| S3 | Embout, résistance à la perforation, tige résistante à l’eau et semelle à crampons ; WR non inclus. | Dakar EW ; Jackman ; Kansas ; Shock |
| S3S | Famille S3 avec insert non métallique PS dans l’édition 2022 ; WR non inclus. | Modulo Lea ; Mayon ; X1100N ; Talin ; Saron ; Ecodempo ; Black Eagle 610 |
| S3 WR | Classe S3 complétée par une résistance à l’eau de la chaussure entière. | Atlas Acrotec ; certains modèles forestiers |
| S5 | Construction tout caoutchouc ou polymère, embout, protection antiperforation et crampons. | Hercules ; Dunlop Work-It ; TerraPro noires |
| S7 | Famille S3 avec résistance à l’eau WR ; insert métallique P dans l’édition 2022. | HAIX Airpower XR 810 GTX |
| S7S | Famille S3S complétée par WR ; insert non métallique PS. | Solidur Omega, Colorado et Appaloosa ; HAIX Black Eagle 600 V GTX |
| OB | Chaussure professionnelle ; pas d’exigence d’embout de sécurité à 200 J. Lire les codes complémentaires. | Safety Jogger Dune ; Tactic |
| O4 | Construction tout caoutchouc ou polymère ; antistatique et absorption au talon ; sans exigence d’embout ni d’insert antiperforation. | Dunlop TerraPro vertes |
| O6 | Classe professionnelle O2 avec résistance à l’eau de la chaussure entière ; sans exigence d’embout ni d’insert antiperforation. | Safety Jogger Mamba O6 High |
| EN ISO 17249 | Protection contre les coupures de scie à chaîne, avec une classe à lire séparément. | Classe 1 : Salix, Trekker Mountain ; classe 2 : Kailash, Protector Ultra 2.0 ; classe 3 : Infinity |
7. SR, SRC, SRA et SRB : que disent ces marquages sur la glisse ?
Dans les éditions antérieures, SRA désigne un essai sur carrelage avec une solution détergente, SRB un essai sur acier avec glycérine, et SRC la réussite des deux essais.
Dans les éditions 2022, un essai de base sur carrelage avec solution détergente est intégré, sauf cas particuliers prévus par la norme. SR correspond à un essai additionnel sur carrelage avec glycérine. L’absence de SR ne signifie donc pas automatiquement une absence d’essai de glissement.
SR et SRC ne sont pas des résultats directement interchangeables : les protocoles diffèrent. Aucun de ces codes ne garantit une adhérence absolue dans la boue, sur la glace ou sur tous les sols gras. L’usure et l’encrassement de la semelle comptent également.
8. À quoi correspondent FO, HI, CI et HRO ?
FO concerne la résistance de la semelle extérieure aux carburants. Ce code ne prouve ni une protection contre tous les produits chimiques, ni une adhérence sur toutes les surfaces huileuses. FO n’est plus automatiquement inclus dans les classes S de l’édition 2022.
HI et CI indiquent respectivement une isolation du semelage contre la chaleur et le froid. HRO concerne la résistance de la semelle extérieure à la chaleur par contact, et non une température ambiante de travail autorisée.
CI ne fixe pas une température universelle de confort. Pour les sorties hivernales, notre guide pour s’habiller chaudement à la chasse complète ces repères par le choix des chaussettes et la gestion de l’humidité.
9. A, E et ESD protègent-ils contre l’électricité ?
A désigne les propriétés antistatiques ; E, l’absorption d’énergie au talon. E n’est donc pas un code d’isolation électrique. ESD concerne la dissipation contrôlée des charges électrostatiques, notamment dans les environnements comportant des composants électroniques sensibles.
Les fiches peuvent citer EN IEC 61340-4-3:2018 pour les essais des chaussures et EN IEC 61340-5-1 pour la maîtrise des phénomènes électrostatiques, avec une édition 2016 ou 2024 selon les documents du modèle.
Antistatique et ESD ne signifient pas isolant électrique. Ces propriétés n’autorisent pas le travail sous tension. Leur efficacité dépend aussi du sol et de l’ensemble porté. Vérifiez la compatibilité des semelles de remplacement plutôt que d’ajouter une semelle quelconque.
10. Que signifient SC, LG, AN et CR ?
SC évalue la résistance à l’abrasion du surbout extérieur ; il ne remplace pas l’embout de sécurité. LG concerne la conception de la semelle pour l’appui sur les barreaux d’une échelle ; ce n’est pas une protection contre les chutes de hauteur.
AN indique une protection de la cheville contre les chocs, différente du simple maintien procuré par une tige montante. CR désigne une résistance de la tige à la coupure.
L’HAIX Airpower XR 810 GTX comporte notamment AN et CR. Les Dunlop TerraPro noires portent aussi CR. CR ne vaut pas certification contre une scie à chaîne : pour ce risque, recherchez EN ISO 17249 et sa classe, indépendamment du classement S3, S5 ou S7.
11. Que signifient les classes forestières 1, 2 et 3 ?
La norme EN ISO 17249:2013, parfois complétée par AC:2014, encadre les chaussures de protection contre les coupures de scie à chaîne. La classe 1 correspond à un essai à 20 m/s, la classe 2 à 24 m/s et la classe 3 à 28 m/s.
La sélection comprend les Francital Salix et HAIX Trekker Mountain en classe 1, les Solidur Kailash et HAIX Protector Ultra 2.0 en classe 2, ainsi que les Solidur Infinity en classe 3.
Ces vitesses décrivent des essais, pas une garantie d’absence de blessure. Les autres protections adaptées au risque restent nécessaires. Retrouvez les précisions dans notre FAQ sur les normes des chaussures forestières.
Dunlop TerraPro vertes : O4, sans embout de sécurité.
Solidur Infinity : la classe forestière 3 est distincte de S3.12. Comment lire l’année de la norme, CE et DGUV 112-191 ?
L’année précise l’édition appliquée : EN ISO 20345:2011, EN ISO 20345:2022, éventuellement complétée par A1:2024. EN ISO 20347:2012 et 2022 apparaissent aussi dans la sélection. Une ancienne édition ne suffit pas à déclarer une paire inutilisable : contrôlez sa conformité documentée et son état.
CE n’est pas une classe de protection. NF, DIN, UNI ou BS sont des préfixes nationaux de normes. Gore-Tex, eVent, Vibram ou Purofort désignent des technologies ou marques, pas des classes S.
DGUV 112-191 est une règle allemande concernant notamment l’adaptation orthopédique, mentionnée pour certains HAIX. Elle n’autorise pas toutes les semelles. Le marquage, la notice et la déclaration de conformité du modèle restent les documents de référence.
Choisir la protection adaptée à votre activité
Choisissez d’abord les protections nécessaires, puis la forme et le confort du chaussant. Comparez les chaussures de sécurité Ducatillon en lisant leur marquage complet. Notre vidéo de présentation de la sélection permet de découvrir plusieurs modèles. Pour compléter une tenue destinée aux travaux extérieurs, consultez également les équipements utiles au jardinier. Un classement adapté à votre risque est plus utile qu’un chiffre choisi isolément.
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